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Gestion de patrimoine

Relations bancaires internationales

Comment la clientèle privée structure ses relations bancaires internationales

Des principes plutôt que des prescriptions.

Les clients privés qui s'adressent à la banque internationale posent généralement d'abord la mauvaise question. Celle-ci porte le plus souvent sur la juridiction, sur le choix de l'établissement ou sur ce qui est permis. La question préalable, qui détermine la réponse aux trois autres, est de savoir à quoi la structure est censée servir.

Trois finalités expliquent l'essentiel de l'activité bancaire privée internationale. Elles sont distinctes, et leur confusion est à l'origine de la plupart des structures mal conçues.

  1. Capacité opérationnelle. Le client réalise des opérations à l'international : immobilier, études, soins médicaux, intérêts commerciaux, obligations familiales dans plusieurs pays. Le besoin porte sur une capacité multidevise et un règlement fiable. Il s'agit d'une problématique de paiements.
  2. Diversification. Le client souhaite disposer de capacités dans plus d'un environnement juridique et bancaire, de sorte qu'une perturbation survenant dans l'un d'eux soit une gêne plutôt qu'une paralysie. Il s'agit d'un enjeu de résilience.
  3. Structure. Les affaires du client impliquent des trusts, des sociétés holding, des fondations ou des véhicules d'investissement qui requièrent des services bancaires à part entière, distincts des comptes personnels. Il s'agit d'un problème de gouvernance.

Une structure conçue pour l'un de ces objectifs desservira mal les autres. La plupart des clients ont besoin d'éléments des trois, dans des proportions différentes, et ces proportions évoluent au fil du temps.

Séparation

Le principe d'organisation est la séparation par fonction.

La trésorerie courante personnelle est distincte du capital d'investissement. Le capital d'investissement est distinct de la conservation des titres et métaux qu'il a permis d'acquérir. Les structures sociétales et fiduciaires sont domiciliées séparément des comptes personnels, de sorte que le cloisonnement juridique pour lequel le client a payé se retrouve dans l'organisation bancaire au lieu d'être contredit par elle.

La séparation coûte un peu en effort administratif. Elle apporte de la clarté, qui vaut davantage, et une capacité de défense, qui vaut parfois tout. Une structure dont la logique peut être expliquée en cinq minutes à un auditeur, à un régulateur ou à un enfant devenu adulte est une structure qui résistera au moment où elle sera examinée.

La diversification, bien comprise

Détenir quatre relations bancaires au sein d'une même juridiction, compensées par les mêmes correspondants et soumises au même régulateur, ne constitue pas une diversification. Il s'agit d'une seule exposition assortie de quatre séries de relevés.

Une véritable diversification suppose l'indépendance des modes de défaillance : systèmes juridiques différents, environnements de règlement différents, périmètres réglementaires différents. Deux relations véritablement indépendantes apportent davantage que six qui ne le sont pas.

Les dispositifs internationaux doivent en règle générale compléter les relations bancaires domestiques et non les remplacer. Les relations domestiques établies apportent un historique de crédit, un accès local aux systèmes de paiement et une familiarité réglementaire qui ont demandé des années d'efforts et ne peuvent être reproduits à l'étranger. Les démanteler au profit d'une relation internationale unique réduit la résilience tout en donnant l'apparence de l'accroître.

Gouvernance

La structure doit fonctionner lorsque le client n'est pas disponible pour l'expliquer.
Cela suppose une documentation : la finalité de chaque relation, les personnes autorisées, ce qui se passe en cas d'incapacité, ce qui se passe en cas de décès. Cela suppose des dispositifs de signature conçus pour la famille telle qu'elle sera, et non telle qu'elle est. Cela suppose que la logique de la structure existe ailleurs que dans la mémoire d'une seule personne.

La plupart des structures de banque privée échouent à ce test. Cet échec reste invisible jusqu'à une transition, moment où il devient coûteux et public.

Ce que nous ne publions pas

La présente page expose des principes. Elle ne recommande ni juridictions, ni structures, ni établissements, car ces recommandations dépendent de la résidence, de la nationalité, de la situation fiscale, de la situation familiale, de l'activité commerciale et des obligations réglementaires, qui varient entièrement d'un client à l'autre.

Les conseils adaptés à la situation particulière d'un client sont délivrés lors d'un entretien confidentiel, sous réserve de notre examen de conformité et d'adéquation, et en coordination avec les conseillers fiscaux et juridiques du client.